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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 03:56



Devant mon écran, impassible médium

Je tiens mes yeux hallucinés

Sur l'improbable vie de ce curieux homme

Errant dedans ses rêves obstinés

...

Enfant tenu en laisse par une mère obtue

Il lui faut feinter l'obéissance

Pour avancer en mat ses chimères têtues

En diagonale intelligence

...
Et s'épargner le naufrage familial

Puiser aux antiques épopées

Qui forgent d'airain les âmes impériales

Pour de fantasques destinées

...

Puis partir un clair matin d'adolescence

Pour un fleuve ou vont écumants

Et grandioses des Neptunes en effervescence

Crachant leurs verbes étincelants

...

" Je veux, exige t-il, ma place sur le Mont "

Mais la place est chère par ici

Et tout autour de lui, la cité se corrompt

Sous le faix d'un nabot bien petit

...

Il se décide pour un délicieux mentor

Afin de règner en maître

Sur une nef de fous, toutes voiles dehors

Car le vent le fait renaître

...
Ainsi il atteint d'impossibles rivages

Guidé par un sens étonnant

Et sa plume en dessine les paysages

Dont il restera seul voyant

...
Puis un jour, lassé des croisières statiques

Dans ses mondes imaginaires

Il part solitaire pour l'Orient puis l'Afrique

Dans la peau d'un mercenaire

...

Non vraiment, te fallait-il autant d'émotions

Pour y chercher encore plus beau ?

La rime et la prose restent en suspension

Sur ton dernier cahier , Rimbaud !
...

Jeansanterre, lundi 2 Nov.2009

notes: 1. je me suis inspiré de la biographie de A.Rimbaud sur WIKIPEDIA
.............2.J'appelle Neptunes les grands poètes d'alors : Hugo,Verlaine, Banville, etc...
.............3.le Mont évoque (par jeu de mot) le Parnasse : mouvement littéraire succèdant au romantisme
.............4.jeu de mot encore : le nabot est Napoléon III dit le "petit" par V.Hugo
.............5.le mentor évoqué est en fait son ami P.Verlaine

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Published by JEANSANTERRE - dans poésie
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commentaires

helene 06/11/2009 11:38


j'aime bien ce poème , et la fin m'émeut particulièrement , ta dernière phrase est tres belle !


fabulyon 04/11/2009 20:13



Bien le bonsoir mon ami,
Ton poème me fais songer à l'enterrement de Verlaine chanté par Brassens
Même charme mélancolique
Amitiés...








Le revois-tu mon âme, ce Boul' Mich' d'autrefois


Et dont le plus beau jour fut un jour de beau froid :


Dieu : s'ouvrit-il jamais une voie aussi pure


Au convoi d'un grand mort suivi de miniatures ?


Tous les grognards - petits - de Verlaine étaient là,


Toussotant, Frissonnant, Glissant sur le verglas,


Mais qui suivaient ce mort et la désespérance,
Morte enfin du Premier rossignol de la France.



cheyenne 04/11/2009 18:49


superbe texte, avec un rythme époustouflant ... et en plus, les explications  de texte! une fois  de plus je suis admirative - Merci de ton 
passage pour voir  mes petits cl;ichés  du Pays Basque  qui m'a bien plu, ainsi que les gens là bas , si proche  de la nature et qui se bagarrent pour garder leur région intacte
- J'y retournerai - Même  si les truites  sont plus petites  que celles du lac des corbeaux  de La Bresse, je me suis ratrappée sur les jambon  et les palombes ! Bonsoir,
Poète !




rainbow 04/11/2009 00:07



J'avais besoin de tes annotations pour m'y retrouver. De poète en poète, de cheminement en cheminement, Rimbaud m'apparut comme je l'aime, avec son immense talent parfois chaotique, parfois
hésitant mais être poète c'est avant tout se plaire avec ses propres mots, n'est-ce pas ami ? Je t'embrasse, Jean.



sandisa 03/11/2009 22:01


Poète maudit mais si prolixe , hors du temps et du commun ... j'aurais aimé le rencontrer  même si je me serais sentie  poussière  face à tant de talent . Merci ami de nous faire
pénétrer encore dans son monde .


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