Ah! l' Inspiration suberbe et souveraine, L'Egérie aux regards lumineux et profonds, . . . . . . . .La Colombe, le Saint-Esprit, le Saint-Délire, Les Troubles Opportuns, les Transports complaisants, Gabriel et son luth, Apollon et sa lyre, Ah ! l'Inspiration, on l'évoque à seize ans ! . . . . . . . . . . . -- Paul VERLAINE -- Moi , j'aurai toujours seize ans ! Jeansanterre
Novembre
* * *
La nature après son grand gala d' Octobre,
Adopte en Novembre une tenue plus sobre.
Le noir et le gris sont les teintes de rigueur,
Pour les supliciés à l'hiver tourmenteur.
Les arbres dans leurs manteaux d'écorce grise
Entonnent le chant des morts aux souffles de la bise.
Noyées et crépies, les danseuses éphémères,
En épais tapis, se fondent dans la terre.
L'herbe fatiguée se tasse sur elle-même,
Seuls les chardons érigent leurs piquants diadèmes.
Le silence apesantit les matins frileux
Quand le brouillard s'étale en suaire vaporeux
Sur les labours peignés et les prés humides
Et que le jour n'offre qu'une clarté livide.
Les corbeaux en armées, ces derniers conquérants
Paradent insolement dans les airs, dans les champs.
Les autres bêtes aux habitudes craintives
Se terrent dans une torpeur communicative.
Ne restent, attentifs, éveillés et discrets,
Que le poète et le chasseur aux aguets.
L'un s'attache à la vie quand l'autre la répudie,
Novembre comblera et la panse et l'esprit...
* * *
Jeansanterre , Dimanche 8 Nov. 2009