Dimanche 15 novembre 2009

Petit poème dédié à Zouzounette

car inspiré de ses splendides photos de l'océan.



L'océan s'agite, Neptune se réveille

Les grands draps ourlés et festonnés de son lit

Semblent vouloir glisser par dessus les dunes.

Sa voix est le vent qui siffle à nos oreilles

Et ce vent chargé d 'une haleine de pluie

Raconte les rêves de ce dieu taciturne.

.

Le ciel de son lit est une lourde tenture

Que tire Jupiter se rapprochant de nous

Il faut entre nous cette couverture épaisse

Pour ne pas couvrir les hommes de brûlures

Car son ardent regard plein de furieux courroux

Porte les foudres qui punissent notre espèce.

.

Alors, tous les pêcheurs et les peuples marins

Derrière les digues et les jetées de pierre

Courbent l'échine en un geste d'humilité.

Des tavernes et des temples montent des refrains

De chansons à boire ou de pieuses prières

Conjurant la peur des éléments déchaînés.


Jeansanterre , le 15 Nov 2009.

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Samedi 14 novembre 2009

Suite au témoignage filmé d'une lapidation

transmis par Sucra, je veux dire ma désespérance

dans le jugement humain, qu'il soit d'Orient ou d'Occident.


* * *

Lapidation, Ô Allah, Yahvé ou Dieu

As tu demandé aux hommes cet acte odieux ?

Frapper a distance avec de lourdes pierres

Son frère humain comme avec une vipère.

Le mettre à mort comme une bête nuisible

Est ce ta justice pour un humain faillible ?

*
Lapidation, lynchage actes d 'hystéries

Autant que piqûres ou balles sont hérésies.

Une foule en furie que la mort hypnotise

Est ce mieux qu'une mort que la science aseptise ?

L' homme est mauvais juge autant que pauvre diable

Ses lois sont perverses, son équité peu fiable.

*
TOI, tu es le puissant Miséricordieux

Dont le regard incessant jailli des cieux

Pèse les coeurs lourds et les âmes trop légères.

Ton jugement tombera à l'heure dernière

A l'ultime soupir de l'honnête et du bandit

Et TOI seul sait comment pour l'homme tout finit


. . . Dans le secret de l'Eternité . . .


* * *

Jeansanterre le 14 Nov 2009

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Dimanche 8 novembre 2009


 Novembre

* * *
La nature après son grand gala d' Octobre,

Adopte en Novembre une tenue plus sobre.

Le noir et le gris sont les teintes de rigueur,

Pour les supliciés à l'hiver tourmenteur.

Les arbres dans leurs manteaux d'écorce grise

Entonnent le chant des morts aux souffles de la bise.

Noyées et crépies, les danseuses éphémères,

En épais tapis, se fondent dans la terre.

L'herbe fatiguée se tasse sur elle-même,

Seuls les chardons érigent leurs piquants diadèmes.

Le silence apesantit les matins frileux

Quand le brouillard s'étale en suaire vaporeux

Sur les labours peignés et les prés humides

Et que le jour n'offre qu'une clarté livide.

Les corbeaux en armées, ces derniers conquérants

Paradent insolement dans les airs, dans les champs.

Les autres bêtes aux habitudes craintives

Se terrent dans une torpeur communicative.

Ne restent, attentifs, éveillés et discrets,

Que le poète et le chasseur aux aguets.

L'un s'attache à la vie quand l'autre la répudie,

Novembre comblera et la panse et l'esprit...
* * *

Jeansanterre , Dimanche 8 Nov. 2009

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Mercredi 4 novembre 2009

* * *

Ma douce, quel bourreau le Temps !

Je souffre de l ' assoiffement,

Mon coeur s'échauffe, rien ne l'apaise

Que ta présence dont il est aise

Par la fraicheur de ton amour.

Las ! nos soucis rendent trop courts

Nos trop rares tête à tête

Trop longue l'attente muette.

Comme les deux célèbres amants

Les familles vont nous déchirant !

Nos liens de sang primant ceux du coeur,

Nous devons aux enfants nos heures,

Nos efforts et notre sourire ...

Ces innocents nous font souffrir

D'une amertume bien secrète

Qui cependant nous maltraite

L ' âme de ses assauts rudes

Aux instants de solitude.

Les époques passent mais les duels

Restent, Chimène ma toute belle.

Duels contre l' Invincible

Temps tuant tous nos possibles

De ses dures aiguilles d'acier

Tout pareil à des coups d'épée.

Soit sûre qu'entre ces escarmouches

J'aspire à retrouver ta bouche ...

Pour le bientôt ma douce,

Pour le bientôt ...


Jeansanterre , le 4 Novembre 2009

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Lundi 2 novembre 2009



Devant mon écran, impassible médium

Je tiens mes yeux hallucinés

Sur l'improbable vie de ce curieux homme

Errant dedans ses rêves obstinés

...

Enfant tenu en laisse par une mère obtue

Il lui faut feinter l'obéissance

Pour avancer en mat ses chimères têtues

En diagonale intelligence

...
Et s'épargner le naufrage familial

Puiser aux antiques épopées

Qui forgent d'airain les âmes impériales

Pour de fantasques destinées

...

Puis partir un clair matin d'adolescence

Pour un fleuve ou vont écumants

Et grandioses des Neptunes en effervescence

Crachant leurs verbes étincelants

...

" Je veux, exige t-il, ma place sur le Mont "

Mais la place est chère par ici

Et tout autour de lui, la cité se corrompt

Sous le faix d'un nabot bien petit

...

Il se décide pour un délicieux mentor

Afin de règner en maître

Sur une nef de fous, toutes voiles dehors

Car le vent le fait renaître

...
Ainsi il atteint d'impossibles rivages

Guidé par un sens étonnant

Et sa plume en dessine les paysages

Dont il restera seul voyant

...
Puis un jour, lassé des croisières statiques

Dans ses mondes imaginaires

Il part solitaire pour l'Orient puis l'Afrique

Dans la peau d'un mercenaire

...

Non vraiment, te fallait-il autant d'émotions

Pour y chercher encore plus beau ?

La rime et la prose restent en suspension

Sur ton dernier cahier , Rimbaud !
...

Jeansanterre, lundi 2 Nov.2009

notes: 1. je me suis inspiré de la biographie de A.Rimbaud sur WIKIPEDIA
.............2.J'appelle Neptunes les grands poètes d'alors : Hugo,Verlaine, Banville, etc...
.............3.le Mont évoque (par jeu de mot) le Parnasse : mouvement littéraire succèdant au romantisme
.............4.jeu de mot encore : le nabot est Napoléon III dit le "petit" par V.Hugo
.............5.le mentor évoqué est en fait son ami P.Verlaine

Par JEANSANTERRE - Publié dans : poésie - Communauté : les exilés d'orange
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